SU-100

 

 

 

Le SU-100 est un véhicule blindé russe utilisé surtout sur le Front de l'Est. Il a été développé en 1944 et sa production de masse pour l'Armée rouge a débutée en Septembre 1944. Construit sur le même châssis que le char T34/85, avec une épaisseur des plaques de blindage avant de 75 mm, il s'est rapidement avéré être parmi les meilleurs chasseurs de chars de la seconde guerre mondiale. Les spécifications techniques sont les suivantes:

 Production : 1675 unités de novembre 1944 à juin 1945• Motorisation : 12-cyl. diesel modèle V-2-34 M de 520 Ch. / Conso: 180 litres aux 100 (réservoir de 500 litres)• Vitesse maximale : 50 Km/h• Autonomie : 278 Km• Équipage : 4 hommes• Masse : 31,6 tonnes• Longueur : 9,45 m• Hauteur : 2,25 m• Largeur : 3,0 m• Blindage : Min: 20 mm / Max: 75 mm• Armement : Canon D-10 S de 100 mm

La mise en scène:

Le char sera représenter sur une piste quelque part en Hongrie début 1945. Pour l'occasion je vais détailler pour vous tous le process du diorama, construction puis peinture. Faire un diorama ( ou saynette selon la taille retenue) c'est véritablement mettre en scène sa maquette, lui donner du dynamisme en la replacant dans le contexte historique et son environnement. Quelques règles simples doivent être respectées- la taille du diorama doit être adapté à la maquette, trop grand, la maquette semblera perdue au milieu de nulle part, trop petit la maquette dépassera les limites du socle ce qui sera peu esthétique (sans compter les risques liés au transport)- éviter un dio plat, l'effet visuel étant alors ennuyeux, la présentation d'un relief donnera plus de dynamisme à la saynette-éviter une disposition trop parrallèle qui paraitrait artificielle-la répartition des détails doit être équilibrée et réaliste-l'adjonction d'une ou plusieurs figurines donne d'enblée la notion d'échelle. Voilà pour les règles de base. Passons maintenant à la pratique. Il faut commencer par réunir tous les ingrédients pour la construction. Vous verrez qu'ils sont très peu onéreux et facile à se procurer.

Mousse expansée/carton rigide/placage bois/colle blanche/colle à carrelage/Pâte auto durcissante Das Pronto/Sable graviers cailloux/Petits végétaux synthétiques et naturels de toute sorte/moulure bois/Feutrine auto-collante (pour la finition)

L'outillage: 1 couteau à lame longue et souple/Pinceaux à pochoir/Spatule/Cutter/Équerre/Crayon/Papier de verre/Cure dent.

Une fois les dimensions choisies ( je calcule 1,5 fois la longueur du char, canon compris et 2,5 fois la largeur du blindé) je découpe grossièrement le relief au couteau dans le bloc de mousse expansée. Ici l'épaisseur est doublée. Les cure-dent maintiennent le collage en place le temps du séchage.

       

Le chemin en pente avec un axe oblique évite l'effet de platitude, le fossé au premier plan accentue agréablement l'effet de niveau. Un petit truc simple est d'utiliser (tout ou partie) le volume que l'on retire du premier plan pour le fixer au second plan de l'autre côté du chemin. La fixation se fait à la colle blanche, l'assemblage étant renforcé par des cure-dent enfoncés dans la mousse.

Dans du carton rigide on découpe les 4 côtés en veillant a laisser une marge supérieure d'environ 3 mm en vue de l'épaisseur du modelage du terrain. Collage du carton sur la mousse avec de la colle blanche. A ce stade il faut vérifier avec une équerre que les 4 côtés sont parfaitement à angle droit. Laissons sécher le tout une nuit. Ensuite je contrecolle sur le carton de la feuille de bois de 2 mm. A la base je colle ensuite du quart de rond en pin qui fera une jolie moulure. Après séchage le tout est poncé au papier de verre fin. Ne pas hésiter en cas de besoins à mastiquer puis reponcer: il est important que la finition soit soignée. Une sous couche blanche pour bois termine la préparation.

Les 2 ingrédients principaux pour le modelage du terrain sont: la pate à modeler Das Pronto et la colle à carrelage. Revenons a notre saynette: nous sommes en hiver, le chemin est boueux et labouré par les passages des chars et autres véhicules de la colonne soviétique. Pour simuler ces traces profondes et multiples de chenilles et roues, la pâte à modeler Das Pronto est idéale. Je prépare une boulette de cette pâte . La pâte est étalée au rouleau (éviter de prendre le rouleau a patisserie de madame, en général elle n'aime pas!), découpez et collez (toujours à la colle blanche ) sur le chemin. Cette pâte met environ 12 heures à durcir donc nous avons tout le temps de la travailler en imprimant des empruntes de chenilles et de roues.

Pour le reste du décor j'utilise de la colle à carrelage ,toujours additionnée d'un peu de colle blanche,exellent liant, qui évite les craquelures (en principe!) en séchant. Etaler grossièrement à la spatule. La mise en forme se fait en tapotant avec différents pinceaux à pochoir que l'on rince régulièrement à l'eau.

Alors que le mélange est frais on incorpore des élements naturels (cailloux de taille diverses, sable, en allant du plus gros au plus fin) On peut utiliser une foule d'ingrédient: platre concassé, sable de différents calibres, feuilles séchées et broyées, herbes aromatiques, marc de café, thé, brindilles diverses, sciure,etc.

Il peut arriver que le sol se craquelle malgré l'ajout de colle blanche au mélange. Pas de panique, une fois sec on bouche toujours avec notre mélange colle a carrelage et colle blanche et on saupoudre à nouveau de débris.

Nous allons ensuite représenter la terre sur le chemin. Pour cela j'utilise du gel acrylique mat auquel je mélange du pigment Terre Ombre Narurelle (le pigment est juste là pour rendre le travail du gel plus lisible) J'ajoute également de la colle blanche. En séchant le mélange retreint un peu, des craquelures peuvent appparaitre aussi l'opération peut être a renouveller plusieurs fois.

Voilà ce que cela donne une fois sec

La peinture du décor:

La régle la plus importante est celle-ci: il ne faut pas chercher a peindre en une seule fois, il faut au contraire y aller par fines couches succésives ce qui permet de parfaitement maitriser l'effet que l'on désire. La patience est donc de mise.Le décor sera partiellement enneigé. Pour cette étape nous aurons besoin de: 1 bombe de peinture noir mat/1 bombe de peinture blanc mat/ des teintes acryliques Citadel, Prince August ou autres/des pigments couleur terre, gris, ocre/du gel acrylique brillant ou mat/du liquide vaiselle/du ruban adhésif de masquage/vernis acrylique brillant ou mat en bombe/poudre de silice/colle blanche:des herbes synthétiques (flocage) et naturelles.

On commence par recouvrir entièrement le dio en noir mat. Plusieurs passages légers à la bombe sont nécessaires. Une fois sec on protège au ruban adhésif les 4 côtés du dio. Avec la bombe de peinture blanc mat on pulvérise par petites giclée bien perpendiculaires sans chercher à couvrir complétement. Le but est de simuler un éclairage zénital, les partie les plus hautes recevant donc plus de blanc (de lumière donc) que les plus basses (restant davantages dans l'ombre).

 

Pour commencer je passe quelques fitres de peinture préparés à partir de pigments ocre, gris bleuté,marron , dilués avec des teintes acryliques dans les tons ocre et marron, de l'eau et quelques gouttes de liquide vaiselle qui a pour proprièté de facilter le mélange des pigments.

 

Il faut maintenant revenir sur la végétation des taluts. Pour cela j'utilise toutes sortes d'herbes synthétiques et naturelle. plus la variétée sera grande plus cela paraitra réaliste (voir photo début article). pour fixer tous ces éléments de la colle blanche diluée et teinté avec les pigments des premiers filtres. Eviter de saupoudrer avec une passoire (sauf si vous désirez obtenir du gazon anglais). Il faut plutot prendre de petites pincées que l'on fixe à la colle blanche (colle eventuellement teintée avec du pigment.

 

Après une nuit de séchage je vaporise un voile de vernis brillant en bombe pour fixer tous les éléments. Pour atténuer les contrastes trop forts surtout au niveau de l'herbe synthétiques je passe à l'aérographes des voiles ocre, gris bleuté et marron. Nouveau voile de vernis brillant pour fixer. Je vais maintenant m'occuper du sol boueux de la piste. Suite aux passages répétés des blindés et autres véhicules lourds sur une piste humide, la végétation a totalement disparue sur la piste: n'oublions pas que nous sommes à la fin de l'hiver. Nous allons maintenant sélectionner 4 ou 5 teintes de pigment dans les tons marron,ocre, blanc. On mélange tout ca et on pose avec un pinceau rond le pigment sec sur le décor. Pour fixer le pigment il faut par petites touches (surtout ne pas étaler) du vernis acrylique brillant dilué à l'eau (qui agit par infiltration) tout simplement. Tant que la surface est encore humidifiée on saupoudre avec le pinceau un peu de pigment sec. Laisser sécher une nuit.

Le moment est venu de positioner le char pour un essai. Il est très important que le char n'ai pas l'air juste poser. L'emplacement des chenilles est donc retaillé au cutter pour que les chenilles s'intégrent parfaitement dans le sol. Les retouches de boues (mélange de vernis colle brillant, talc et pigments) seront réalisées une fois le char fixé sur le socle.

Avant de poser les taches de neige je vaporise un voile de blanc cassé a l'aérographe pour "refroidir" les contrastes. Les techniques pour représenter la neige sont très variées. Personnellement j'utilise la poudre de silice qui rend a merveille l'éclat lumineux de la neige. Pour le liant j'utilise simplement du vernis colle brillant (acrylique) dans lequel j'incorpore du talc (pour doner du volume) et de la poudre de silice. Inutile de préparer une grosse quantité à l'avance car il faudra sans doute plusieurs séances pour traiter l'ensemble du dio. Pour savoir où appliquer la neige il faut simplement de la doc photos que l'on trouvera facilement sur le net.

Le montage:

Le kit Dragon est très bon mais parfois les ajustages restent un peu difficile, sans doute le fait que le kit initialement celui du T-34 a été décliné en ne nombreuses version (on retrouve d'ailleurs dans la boite toutes les pièces du T-34). La seule erreur concerne la trappe du toureleau qui n'est pas conforme (Dragon a fait l'impasse sur ce détail est gardé les ventaux du modèle 85). Le nouveau vantaux sera donc refait en scratch. Pour le reste Il s'agit d'un kit multimédia qui comprend de la photodécoupe, du cable torsadé et des chenilles vinyl. Je commence par préparer le train de roulement et les chenilles. La matière en vinyl de la chenille nécessite une préparation spéciale. Tout d'abord je conseille de bien dégraisser à l'alcool. Les parties à coller seront griffées au cutter pour une meilleure adhérence. Les collages se font au cyano-mastic. La chenille est fermée par collage sur une roue, et pour renforcer l'ensemble je perce la chenille et la roue pour introduire une épingle à tête plate. Lorsque je positionnerais la chenille à la caisse je ferais en sorte que ce raccord, dissimulé dans le sol, ne se voit pas.

Tout ce qui constitue le train de roulement doit être peint avant montage sur la caisse. Après dégraissage à l'alcool je sous couche en noir de base Prince August. Ensuite la chenille recoit un apprêt brun rouille et les roues et galets sont peint en vert russe.Le vert russe est un vert qui tire sur le jaune. J'ai retenu comme teinte de base le Gretchin Green de la marque Citadel. Le travail de peinture se poursuit avec les bandages caoutchouc (Granit Chardon gamme Citadel). Tous les boulons sont réhaussés d'une pointe d'ocre chair, au 1/72° il ne faut pas avoir peur d'accentuer les contrastes!

Dragon a pensé aux lignes de soudure le long des plaques de blindage. Certaines qui peuvent disparaitre au moment du poncage sont facilement refaites en utilisant du mastic bi-composant Andréa. Pour reproduire l'effet fonderie du blindage je badigeonne avec du Surfacer 500 dilué à l'acétone et tapotté avec un vieux pinceau à poils courts. Toutes les mains courantes sont refaites en fil de cuivre, les cerclage des réservoir sont des bandelettes d'aluminium. Les gardes boues ont été démontés depuis longtemps car il sentrainaient des problèmes de bourrage avec la boue, pour nous il suffira de les couper à la mini scie. Même remarque pour le feu de route lui aussi disparu. La scie du lot de bord n'est pas réprésentée non plus. Tout cela donne un aspect très spartiate. Sur les 4 bidons de carburant l'un est manquant ce qui apporte une petite touche d'originalité. Les trappes du tourelleau sont ouvertes et une figurine de la marque Orion donne la notion de l'échelle. L'élingue fournie dans le kit est très belle et il suffira de coller à chaque extrêmité les manilles. Voici donc l'assemblage terminé sans trop de difficulté.

   

Vu sous cet angle le canon de 100mm est vraiment très imprésionnant!

 

Peinture:

On commence comme d'habitude par une sous couche noire passée à l'aérographe

Comme dit plus haut la teinte de base est le Gretchin Green de la marque Citadel passé sur tout le char à l'aérographe. La première technique içi utilisée est celle de la modulation. Le principe est simple: les parties horizontales sont plus claires que les parties inclinées, alors que le bas de caisse est plus sombre. Je vais donc décliner mon vert de base en 2 tons clairs et 1 ton foncé. Les tons clairs sont obtenu en ajoutant du chair de base et le ton foncé en ajoutant du bleu de Prusse. Chacune des 3 teintes est réservées dans un petit gobelet. Les zônes sont ensuite délimités au scotch avant l'application des tons. Ce travail de modulation se poursuit ensuite au pinceau en ajoutant du chair claire à la teinte. Ce travail est assez long et il faut travailler zône par zône, plusieurs séances de peinture étant nécessaires. L'intérieur de la trappe du tourelleau est de couleur blanc cassé et la zône sous la grille d'aération du moteur est brun rouille.

 

Ici seule la partie inclinée arrière a été traitée ce qui permet d'apprécier l'effet, le contraste semble trop fort mais en fait il sera largement atténué par le futur travail de patine.

 

Une fois ce travail de modulation terminé, nous allons pouvoir passer à la patine qui est la phase la plus intéressante selon moi.On fixe l'ensemble par une couche de vernis brillant ce qui va aussi permettre de poser les décals. Un nouveau voile de vernis brillant fixe l'ensemble. Le process de patine est assez difficile a décrire: succession de filtres, micro-éraillures, jus etc. Je ne fairais donc pas un descriptif long et fastidieux içi mais simplement quelques trucs et conseils. En gros la phase de patine comprend 2 temps: le veillisement et les effets dus a l'environnement (poussière, boue, neige..)

Première phase: le vielliseument

1/Il faut toujours partir d'une teinte de base très éclaircie car les effets de peintures vont assombrir le rendu

2/Il faut de la patience l'aspect final vient de la multitude des opérations. Chaque opération (filtre, jus etc) prise individuellement doit paraitre imperceptible.

3/Respecter les temps de séchage (48H pour la patine a l'huile)

4/Toujours fixer une opération par un voile de vernis brillant: je vous livre là une astuce pour enrichir la richesse chromatique: je teinte chaque voile de vernis ( bleu, vert, sable, rose)

5/L'ordre des opérations n'a guère d'importance (sauf pour reproduire la boue) et il ne faut pas hésiter a revenir sur certaines phases: par exemple si vous trouvez que les boulons, pourtant très clair au début ne se voit plus suffisament on les retouche avec de la teinte chair clair

La seconde phase pour la patine est liée a l'environnement. Dans le cas de ce SU-100 l'action se situe à l'Est fin d'hiver 1944-45. La neige fond et le sol est boueux. Je vais donc zapper la phase empoussièrage avec les pigments cela ne se justifiant pas (si l'action se passait en été ce serait différent) Représenter l'aspect neige fondue et sol humide et boueux n'est pas très facile. Voici a nouveau quelques conseils.Rechercher de la documentation photographique de ce genre d'environnement. Dans un soucis évident de cohérence il faut que la boue sur le véhicule soit la même que sur le dio, il faut donc mener ces 2 opérations simultanément. Les ingrédients utilisés sont: différents pigments allant de la teinte ocre à la teinte terre brûlé (les même que ceux utilisés pour le décor): il faut travailler avec une pallette d'au moins 3 a 5 pigments pour avoir un effet naturel varié. Les parties du char concernées par cette phase de patine sont: le train de roulement, la chenille et le bas de caisse.

Il ne faut pas chercher à mettre tout de suite une grosse épaiseur de boue (mélange de vernis colle brillant, talc et pigments), au contraire il faut y aller par petites couches succésives pour bien maitriser le rendu (ce serait dommage que la boue fasse disparaitre tout le travail précedent de patine). Au 1/72° il faut toujours garder la main légère!

Après séchage les galets puis les chenilles peuvent être enfin collées. Le char est maintenant terminé après les ultimes retouches il peut être fixé sur le dio.